Tête-à-tête avec les employés de la SODECT | Technique et opérations
Les gardiens de lieux culturels emblématiques

par Julie Chênevert – Coordonnatrice – Médiation culturelle et éducation | SODECT

Travailler pour l’équipe technique et opérations, c’est de participer à la création d’expériences culturelles et artistiques diversifiées et marquantes, en plus de mettre en valeur le volet patrimonial des bâtiments. On s’entretient avec les gardiens des lieux culturels emblématiques du Vieux-Terrebonne, soit Éric Bourgeault, directeur technique et des opérations, Pierre Gendron, coordonnateur parc et bâtiments et Jean-François Demers, adjoint aux opérations – parc et bâtiments.

© photo - Simon Laroche

Bonjour, comment ça va aujourd’hui ? Vous travaillez tous les trois à la tête de la grande équipe technique et opérations de la SODECT. À vous trois et avec l’aide de vos équipes de travail respectives, vous veillez au bon fonctionnement du Théâtre du Vieux-Terrebonne, de l’Île-des-Moulins et de ses bâtiments patrimoniaux. Qu’est-ce que ça signifie pour vous d’être les gardiens de ces lieux culturels emblématiques?

Pierre et Jean-François :
Pour nous, ça signifie de préserver la beauté déjà existante de l’Île-des-Moulins. C’est déjà un endroit très beau naturellement, sans notre intervention. Avec le travail des horticultrices et de l’équipe terrain, on pousse l’expérience de la visite du site à un autre niveau. C’est un ajout bien humble à ce joyau de la région.

C’est aussi important pour les volets culturel et historique. Il y a des gens dans le passé qui ont vécu et travaillé dans ces bâtiments. Il est important de préserver leur mémoire. C’est le poids de plusieurs décennies que nous portons sur nos épaules.

Éric :
Pour ma part, je veux donner un service client exemplaire. À la minute où les gens entrent dans nos lieux, je veux créer un « WOW » dès le premier regard. Je veux permettre aux gens de créer des souvenirs lors de leur passage. Je veux entendre un grand-parent dire à son petit-fils : « tu vois ici, à l’Île-des-Moulins, j’ai déjà patiné avec mon père. Tu vois ici, au Théâtre du Vieux-Terrebonne, je suis venu voir un spectacle de Serge Lama à l’ouverture du Théâtre et maintenant je regarde un spectacle avec toi. Je veux permettre au public de créer des souvenirs impérissables.

J’imagine assez facilement que la gestion des opérations d’un théâtre, même moderne, ainsi que de bâtiments patrimoniaux datant du 17e siècle diffère beaucoup de l’entretien réalisé sur ma maison! Pourriez-vous nous partager quelques-unes des particularités de la gestion des opérations d’un théâtre et des bâtiments patrimoniaux?

En ce qui concerne les bâtiments patrimoniaux, il y a plusieurs défis auxquels nous faisons face pour la gestion et l’entretien, le principal étant lié aux interventions qui peuvent altérer les éléments historiques des bâtiments. Le caractère patrimonial des différents lieux est un défi de taille pour chaque intervention.

En tout et partout, combien d’employés travaillent sous votre responsabilité? 

Pierre :
Nous sommes quatre employés à temps plein sur le terrain à l’Île-des-Moulins, donc trois employés sont directement sous ma « responsabilité ».  Nous avons aussi des employés sur appel, qui sont présents de façon périodique, selon le besoin de chaque saison. Par exemple, nous avons besoin d’employés supplémentaires l’hiver lors des tempêtes de neige et pour l’entretien de la patinoire, l’automne pour le ramassage des feuilles sur le terrain et l’été pour les événements et le volet horticole.

Parlant d’événements, c’est toujours spécial la semaine précédente. Premièrement, nous sommes toujours plus nombreux à travailler, puis il y a toujours énormément de tâches à effectuer, dont la mise en place des équipements (clôtures, mobilier, victuailles, etc.), la validation que tout est fonctionnel et la sécurisation des lieux. Un événement ne s’arrête pas au montage! Il y a aussi l’exécution et le démontage. C’est tout un travail! Avec pas loin d’une dizaine d’événements majeurs par année, l’équipe terrain ne chôme pas!

Éric :
Au théâtre, l’équipe technique compte 12 techniciens à temps plein et partiel. Pour un spectacle de grande envergure, j’ai en moyenne 8 techniciens, dont mes trois chefs (chef électrique, chef son et chef cintrier).

C’est une fourmilière très active, mais tout le personnel connaît très bien ses tâches. Il y a 4 étapes pour réaliser un spectacle : le montage, les répétitions, le spectacle et le démontage. On fait ça tous les jours! Du côté événementiel à l’Île-des-Moulins, j’ai la chance d’avoir une équipe hors pair!

Pendant qu’on y est, pourriez-vous nous expliquer comment la crise de la COVID-19 a affecté votre travail? Quelles sont les mesures qui ont été prises sur le terrain pour répondre aux directives de la Santé publique en matière de prévention de la transmission de la COVID-19?

Pierre et Jean-François :
Les événements ayant été presque tous annulés pour la saison estivale, nous avons pu concentrer nos efforts à l’entretien du site. Les activités et événements se déroulent principalement sur le terrain de l’Île-des-Moulins, donc il devient très achalandé et l’entretien devient plus que nécessaire. La pause dans la programmation a permis au terrain de se régénérer et il est plus beau et en santé que jamais!

Les mesures de la Santé publique ont été appliquées à la lettre sur le terrain. Dans notre quotidien, ça n’a pas changé grand-chose puisque la plupart du temps, nous sommes seuls ou en équipe de deux. C’était donc plus facile à gérer.

Éric :
Ahhhh la Covid…! Depuis le 12 mars, toutes les représentations et tous les événements ont été annulés, mais nous sommes prêts lorsque le théâtre ouvrira ses portes à nouveau! Nous avons effectué plusieurs achats d’équipement de protection pour nos employés et notre clientèle et nous suivons à la lettre les recommandations de la Santé publique. Nous gardons l’espoir d’une réouverture prochaine de nos lieux de diffusion!

 

Jean-François, diriez-vous qu’il faut nécessairement aimer les travaux manuels pour exercer votre métier?

Je crois qu’on devient un peu accro aux travaux manuels en travaillant à la SODECT.  Je n’étais pas vraiment habile avant de travailler ici.  Je ne suis pas de nature manuelle, mais je me suis habitué, j’y ai pris goût, je me suis amélioré et j’ai appris plein de choses! On ne peut pas demander mieux.

Éric, quelles sont les qualités et les aptitudes à avoir pour être un bon directeur technique et des opérations?

Au niveau du poste de directeur technique, je crois qu’il faut absolument avoir touché à presque tous les corps de métier du domaine de la technique de scène. Il faut avoir une grande capacité à régler différents problèmes rapidement et, en bon québécois, être capable de se virer sur un 10 cents! J’aime énormément mon métier, mais je ne serais jamais directeur technique si je n’avais pas une aussi bonne équipe technique à mes côtés.

Jean-François, qu’est-ce qui vous rend le plus fier dans votre métier ? 

En lien avec la première question, c’est la perpétuation et la mise en valeur de notre patrimoine qui me rend le plus fier. Je suis né à Terrebonne, sur le Boulevard des Braves, en face de l’Île-des-Moulins. Ce site a donc une signification particulière pour moi, ce sont mes racines.

Pierre et Jean-François, à quoi travaillez-vous actuellement?

Présentement, nous travaillons beaucoup sur le terrain. Nous sommes en préparation pour l’hiver.  En raison de la pandémie, nous sommes un peu dans l’incertitude quant aux activités hivernales. C’est donc une situation qui nous pousse à revoir un peu la planification logistique de tout ça. Le terrain reste le terrain, il faut donc nous préparer à accueillir l’hiver, avec tout ce que ça engendre au niveau des tâches (location de roulottes pour les patineurs, préparation et mise au point des équipements pour la patinoire, etc.).

Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions et d’avoir éclairé notre public à propos de votre métier. On vous souhaite une excellente saison et merci de contribuer à rendre nos sorties dans le Vieux-Terrebonne mémorables!